Grenoble, 19 juillet 1919. Avant le départ de la onzième étape, Eugène Christophe reçoit une tunique d’un jaune franc. Le Tour veut que le public repère le premier du classement au milieu du peloton.
Le choix de la couleur n’a rien d’un hasard. L’Auto, le journal d’Henri Desgrange qui organise la course depuis 1903, est imprimé sur papier jaune. Le maillot devient une affiche qui roule.
Une tunique de laine devenue icône
Les premières versions sont en laine épaisse, sans publicité. Elles retiennent la pluie et pèsent lourd en montagne. Il faut attendre les fibres synthétiques pour que la coupe s’affine et que la couleur gagne en éclat.
Le maillot s’est ensuite ajusté au corps, jusqu’aux tissus techniques d’aujourd’hui, légers et aérés. Le jaune, lui, n’a jamais changé de rôle : désigner le patron de la course.
Toute une famille de maillots
Le jaune a fait des petits. Le maillot vert du classement par points apparaît en 1953, pour les 50 ans du Tour. Le maillot à pois rouges du meilleur grimpeur et le maillot blanc du meilleur jeune arrivent en 1975.
Chaque couleur raconte un profil de coureur. Mais aucune n’a le poids du jaune, que les champions gardent souvent encadré chez eux.
Les géants du jaune
Cinq coureurs ont gagné le Tour cinq fois : Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault, Miguel Indurain et, depuis 2026, Tadej Pogačar. Merckx détient le record du nombre de jours en jaune, avec 96 journées.
Porter le maillot, même un seul jour, suffit à entrer dans l’histoire d’une carrière. Pour beaucoup de coureurs, c’est le souvenir d’une vie.
Du peloton à la langue
Aujourd’hui, on dit « porter le maillot jaune » pour parler de n’importe quelle première place. Peu de vêtements sportifs sont entrés dans la langue courante. Le maillot jaune, si.
Et son histoire continue de s’écrire chaque été. La dernière en date : le cinquième Tour de Tadej Pogačar.







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