Six kilomètres pied au plancher
Le reste de l’année, c’est une simple départementale, la RD 338, que les Sarthois prennent pour aller au travail. Pendant les 24 Heures, elle devenait la portion la plus rapide du sport automobile mondial. Six kilomètres en ligne droite, à peine dérangés par un léger coude, le « Kink », qu’il fallait passer sans lever le pied.

Le compteur qui ne redescend jamais
Dans la vidéo partagée par le compte Instagram @speed__shots, la caméra est fixée sur l’aile du prototype. Le compteur incrusté démarre à 262 km/h et ne fait que monter : 300, 350, 380. Les arbres défilent, deux concurrents se font avaler au passage, le moteur hurle sans pause. Il plafonne à 398 km/h.
405 km/h, le chiffre que personne n’a battu
Ces vitesses n’avaient rien d’exceptionnel à l’époque. La Porsche 917 longue queue atteignait déjà 362 km/h entre 1969 et 1971, la Porsche 935 était chronométrée à 367 km/h en 1978. Le record tombe en 1988 : la WM P88 à moteur Peugeot de Roger Dorchy est flashée au radar à 405 km/h. Aucune voiture n’a jamais fait mieux en course au Mans. La WM abandonne après 53 tours, le chiffre, lui, est resté.

1990, deux chicanes pour calmer le jeu
La décennie a aussi sa face sombre. Plusieurs accidents mortels à très haute vitesse marquent les années 80, dont ceux de Jean-Louis Lafosse en 1981 et de Jo Gartner en 1986. La FIA cesse alors d’homologuer les circuits dont les lignes droites dépassent 2 km. Pour l’édition 1990, deux chicanes coupent les Hunaudières en trois tronçons.

Et aujourd’hui ?
Depuis, les meilleures voitures plafonnent autour de 330 km/h en qualifications et de 320 km/h en course. En 2025, la pointe de vitesse de l’épreuve a été relevée à 349 km/h, par Antonio Giovinazzi sur la Ferrari 499P. Le record depuis les chicanes appartient toujours à Mark Blundell : 366 km/h en 1990, sur une Nissan R90CK dont la soupape de décharge était restée bloquée. Les 398 km/h de la vidéo appartiennent à un autre monde.

Images embarquées : @speed__shots








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