Le concept de STEPBYSTEP tient en une phrase : on appelle un invité, il choisit le lieu, et on marche avec lui en laissant la conversation avancer au fil des pas. Pour ce premier épisode, rendez-vous à l’INSEP avec Ladji Doucouré, champion du monde du 110 m haies en 2005.
Le foot d’abord
Né en 1983, Ladji Doucouré ne rêvait pas d’athlétisme. Il voulait être le prochain Thierry Henry. L’athlé servait juste à courir plus vite balle au pied. Une fracture du tibia en match, en classe de 4e, change le programme.
Le déclic arrive avec un titre de champion du monde cadet en épreuves combinées. « J’ai un petit talent », se dit-il alors. Il pousse, se spécialise, et le 110 m haies devient son terrain.
Athènes, la haie de trop
Aux Jeux d’Athènes en 2004, il est en route pour l’argent en finale quand il heurte la dernière haie et finit sans médaille. Vingt-deux ans plus tard, la blessure est toujours là.
« J’ai toujours les regrets. Je pense que je les aurai toute ma vie, et il faut apprendre à vivre avec ça »
Ladji Doucouré
Il explique pourquoi il n’a pas joué la sécurité : à plus de 30 km/h, la lucidité n’a plus sa place. L’année suivante, à Helsinki, il prend sa revanche avec deux titres mondiaux, sur 110 m haies et au relais 4 x 100 m. Mais un titre mondial n’a pas « la saveur olympique ». À Pékin en 2008, il termine quatrième, à une épaule du podium.
Coach à l’INSEP
Aujourd’hui, c’est lui qui fait souffrir les autres. Ladji Doucouré entraîne un groupe de sprinteurs et de sauteurs de l’équipe de France, qui visent tous Los Angeles 2028. Au programme du jour : exercices balistiques pour protéger les ischios, puis sprints en côte sur 40 et 60 m.
« Je connais la séance, je sais ce que ça fait », sourit-il. Quand un athlète part s’isoler au bout de la piste, il sait exactement pourquoi.
Un pays de sport ?
Deux ans après Paris 2024, il rejoint Florent Manaudou : la France a de grands champions, mais elle n’est pas un pays de sport. La magie des Jeux est vite retombée, et beaucoup de ses meilleurs athlètes se révèlent d’abord à l’étranger.
« Être un pays de sport, ça ne veut pas dire ne pas avoir de champions »
Ladji Doucouré
Du survêt au costume
Dernière étape à Boulogne, chez un ami ancien athlète devenu tailleur. L’ancien candidat de Danse avec les stars, en 2019, avoue que le style n’est pas son fort. Une veste taille 50, un pantalon qui tombe juste sur la chaussure, et le verdict tombe : « Je sais que je suis en costume, mais j’ai pas l’impression. »
Du terrain à la ville, la transition est faite.







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