Il a tiré sa révérence mardi soir à Bâle, à 41 ans. Battu 7-5, 7-6 par Jiri Lehecka au premier tour des Swiss Indoors, Stan Wawrinka a disputé son dernier match devant le public de Bâle, qui l’avait déjà ovationné la veille lors d’une cérémonie en son honneur, en présence de Martina Hingis et avec un message de Roger Federer. Trois titres du Grand Chelem, un titre olympique et une Coupe Davis plus tard, le Vaudois laisse aussi une trace sur le style. Un style à son image : direct, sans calcul, et souvent là où on ne l’attendait pas.

Le revers à une main, sa vraie signature
Avant les tenues, il y a le geste. Le revers à une main de Wawrinka, lâché à pleine puissance, a été décrit par John McEnroe comme l’un des plus puissants de l’histoire. À l’heure où presque tout le circuit joue à deux mains, c’était sa marque de fabrique, reconnaissable au premier coup d’œil.

2015, le short à carreaux
Le 7 juin 2015, Wawrinka bat Novak Djokovic en finale de Roland-Garros. Ce jour-là, tout le monde parle aussi de son short à carreaux signé Yonex. Certains le comparent à un maillot de bain, d’autres à un pyjama. Lui l’accroche devant lui en conférence de presse, trophée en main.

Le short est devenu culte. Il est aujourd’hui exposé au musée de la Fédération française de tennis, sous le court Philippe-Chatrier. Wawrinka, lui, en a gardé quelques exemplaires « précieusement ». Avec un peu d’autodérision : « Ce n’était pas le plus beau short », a-t-il reconnu des années plus tard.
Yonex, la fidélité
Wawrinka aura fait toute la fin de sa carrière en Yonex. Après le carton du short à carreaux, la marque japonaise a joué une autre carte à l’US Open 2015 : un polo rouge en journée, bleu en session de nuit, avec un short uni noir ou blanc barré d’une bande argentée. Plus sobre, plus net. Pour ses adieux, Yonex lui a d’ailleurs adressé une lettre d’adieu sur Instagram.
Le seul à jouer avec une montre
C’était l’un des rares joueurs du circuit à jouer avec une montre au poignet. Ambassadeur Audemars Piguet, il portait une Royal Oak Offshore sur le court. « Je ne la sentais pas », expliquait-il. À l’US Open 2016, qu’il remporte en battant Djokovic en finale, la maison lui avait même fabriqué un bracelet rose sur mesure, assorti à ses chaussures et à sa tenue.


« Fail better », le tatouage
Sur l’avant-bras, une phrase de Samuel Beckett : « Ever tried. Ever failed. No matter. Try again. Fail again. Fail better. » Déjà essayé, déjà échoué, peu importe. Essaie encore, échoue encore, échoue mieux. Plus qu’un tatouage, une philosophie de carrière pour un joueur qui a gagné son premier Grand Chelem à 28 ans, dans l’ombre de Roger Federer.
2026, la tournée d’adieu en tenue
Pour sa dernière saison, Wawrinka a joué avec son histoire. À l’Open d’Australie, il a porté un haut en clin d’œil au short de 2015. Et Yonex lui a consacré une collection d’adieu, « Stan The Man » : polo en dégradé bleu-vert, sweat bleu acier, sweat à capuche, tee-shirts et shorts, avec un petit motif écossais caché à l’intérieur du col ou de la capuche. Un rappel discret des carreaux de Roland.
Interrogé sur sa place dans l’histoire de la mode tennis, il a botté en touche : « Je ne fais pas partie de l’histoire de la mode. » Le musée de Roland-Garros dit un peu le contraire. Son dernier mot, sur Instagram, tient en un seul : merci.
Photos : Wikimedia Commons (Fred Romero, si.robi, Gordons203, Skyscraper2010, licences Creative Commons), publications Instagram de Yonex Tennis et de Stan Wawrinka.
Sources : 20 minutes · Orange Sports · 20 minutes, le short de 2015 · Tennis.com · Sports Illustrated · Haute Time · WorldTempus · Tennisnerd · Wikipedia







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